La vitamine D doit d’urgence entrer dans la lutte contre la covid-19

Le rôle des ultra-violets est sous-estimé et pourtant évident dans la lutte contre les maladies infectieuses. En l’absence de soleil il est indispensable de prescrire de la vitamine D. Sinon l’épidémie ne cessera de s’aggraver jusqu’au mois d’avril. 

  • Corrélation entre soleil et absence de virus
  • Agravation de l’épidémie jusqu’en avril
  • Guide pratique de la vitamine D
  • Bibliographie
  • Pétitions du monde scientifique

Ultra-violets B – présence de vitamine D – lits de réanimation

La courbe en bleu ci-dessous donne la quantité d’Ultra-Violets B qui atteignent le sol ; ils sont les seuls à assurer la production de prévitamine D par la peau. 

La ligne horizontale  indique le seuil de 1000 joules par mètre carré d’UVB en dessous de laquelle il n’y a plus production de vitamine D, c’est à dire d’octobre à mars. 
La demi-vie de la vitamine D étant d’un mois, les taux de vitamine D avaient suffisamment chuté depuis fin septembre, et les immunités avec, pour que l’épidémie reparte fin octobre.

Source : Gouvernement.fr et Colette M. O’Neil and coll. Seasonal changes in Vitamine D- Effedtive UVB availability inEurope and associations with population sérum 25-hydroxyvitamin D

La courbe en rouge montre le nombre de lits occupés en réanimation à cause  du coronavirus. Elle chute d’abord par le confinement, puis le 11 mai le déconfinement cesse et nous conservons les mesures barrière qui seront partiellement respectées pendant l’été. La vitamine D, grâce au soleil, aura apporté son concours depuis avril. 

Pendant l’été, en dépit de mesures barrière mal respectées, le nombre de malades continue de diminuer très fortement ; il n’y a plus de pression sur les services de réanimation et on a fermé les unités covid dans les hôpitaux et les cliniques.

L’épidémie va s’aggraver jusqu’en avril

L’épidémie va s’aggraver jusqu’en avril et le retour des UV B. Il faudrait donc déclencher une campagne massive en faveur de la supplémentation de toute la population.

Même si le vaccin s’avère un succès il faut considérer la lutte contre les carences en vitamine D comme un adjuvant majeur. Cette campagne ne connaitrait pas les refus que le vaccin risque encore longtemps de connaître.  Elle permettrait de faire mieux face à d’autres épidémies et à des mutations du coronavirus obligeant à mettre au point un autre vaccin. 
Le coût de cette supplémentation est de 2 euros par mois et par personne pour, sans doute, contribuer fortement à éviter la troisième vague. 

Cette campagne résoudrait un véritable problème de santé publique car la vitamine D a beaucoup d’autres  effets secondaires bénéfiques en termes de santé publique. Maladies neuro-dégénératives, maladies vasculaires, ostéoporose, vieillissement musculo-squelettique, maladies auto-immunes… sont concernées.

Guide pratique

La vitamine D est au cœur de nombreux  mécanismes biologiques. En particulier elle est nécessaire pour que les mécanismes des défenses contre les microbes fonctionnent bien. Cela est bien connu de puis longtemps pour les infections hivernales banales.

De nombreuses études récentes ont scruté les rapports entre coronavirus et  vitamine D. Il s’avère que les personnes qui ont un bon taux de vitamine D dans le sang (entre 30 et 60ng/ml) ont un risque très diminué d’attraper la Covid-19 et ont également un risque très diminué d’avoir une forme grave s’ils l’ont malgré tout attrapée.

L’alimentation ne peut pas en apporter suffisamment. 80% de la population est carencée.
La peau ne fabrique de la vitamine D que d’avril à septembre sous l’influence des rayons du soleil. En dehors de cette période les bons rayons n’arrivent plus au sol.
La demi-vie de la vitamine D est de 1 mois. Cela veut dire qu’au bout d’un mois à l’automne la moitié de la vitamine D de l’été a déjà disparu.

Presque tout le monde est en manque de vitamine D dans nos régions pendant la saison hivernale. On ne fabrique pas de vitamine D derrière des vitres, le visage en produit très peu, dès qu’il y a des nuages ou de la pollution les bons rayons n’arrivent plus au sol, de plus en vieillissant la peau en fabrique de moins en moins.

Si vous êtes en bonne santé il ne vous reste plus qu’à prendre de la vitamine D d’octobre à mars, et même toute l’année si vous avez plus de 65 ans. 

Il suffit d’aller en demander (Adrigyl ou ZymaD en gouttes) à votre pharmacien qui saura vous conseiller. Cela coûtera environ 2 euros par mois. 

Il faudrait en prendre 1000 à 1500 unités par jour, tous les jours avec un repas. On s’est aperçu que les prises tous les jours étaient beaucoup plus efficaces que les doses tous les mois ou tous les trois mois. 

La vitamine D a par ailleurs un rôle préventif sur l’ostéoporose, les maladies auto-immunes, certains cancers, les troubles musculo-squelettiques et la dépression. Il n’y a a aucun risque de surdosage en dessous de 4000 unités/j. Si vous avez une maladie et devez voir votre médecin régulièrement demandez lui ce qu’il en pense.

Vous pouvez faire doser votre vitamine D et votre calcium dans les urines sans ordonnance dans un laboratoire de biologie médicale. 

Voici ce que ces dosages vous coûteront : 

  • Calcium sanguin 1,62 €, vitamine D 9,45€, frais de dossier 5,94€, prélèvement 6,08€. 
  • Pour le calcium urinaire il suffit d’apporter les urines des 24 heures précédentes et cela coutera 1,62€ de dosage+ 5,94€ de frais de dossier soit 7,56€. 

Le soleil et la vitamine D peuvent sans doute  expliquer la quasi disparition du coronavirus cet été et la deuxième vague de cet automne.

Les études reposent sur des populations supplémentées avec des prises mensuelles et non des prises quotidiennes. Si les prises quotidiennes sont bien ainsi qu’on peut le penser trois fois plus efficaces que les mensuelles, alors, avec un bon taux de vitamine D chez tout un chacun, l’épidémie de Covid-19 n’aurait peut-être pas connu de deuxième vague et le moral serait resté bien meilleur. N’oublions pas qu’en sus un bon taux de vitamine D divise par deux le risque de syndrome dépressif.

Cet article a été rédigé par le Dr Jean-Luc Saladin avec l’aide de madame Marine Bouchez, assistante indépendante à Lillebonne (76).

Bibliographie

 « La vitamine D »  Dr Jean-Claude Guilland  Editions Lavoisier

1 Avant le coronavirus. Méta-analyse du suédois Bergman sur 5660 patients publiée en 2013 sur les infections respiratoires en général. Si le risque est de 1 pour les patients carencés, les patients supplémentés avec des doses quotidiennes ont un risque diminué de 49% et ceux supplémmentés avec des grosses doses de temps en temps ont un risque de diminué de 14%.
Avant le coronavirus. Méta-analyse de l’anglais Martineau sur 11321 patients en 2015 sur les infections respiratoires en général.  Si le taux de départ est inférieur à 10ng/ml et si la supplémentation se fait par des prises quotidiennes ou hebdomadaires la réduction du risque est de 70%, si le taux de base est supérieur à 10ng/ml alors le risque est diminué de 25%.
3 Etude espgnole de Castillo Octobre 2020.  76 patients hospitalisés pour coronavirus. 50 supplémentés 1 a dû aller en réanimation. 26 sans supplémentation 13 ont dû aller en réa et 2 sont décédés.
4 Etude de Singapour de Chuen Wen Tan juillet 2020 sur 43 patients. 17 avec vitamine D – 17% ont dû avoir de l’oxygène- 26 sans vitamine D 61% ont dû avoir de l’oxygène.
5 Etude iranienne de Mardani publiée en novembre 2020. 123 patients avec infection respiratoire. 63 covid+ vitamine D moyenne 18,5 ng/ml – 60 covid – vitamine D moyenne 30,2 ng/ml.
6 Etude anglaise de Vadir Baktash. 70 patients avec symptomes respiratoires et covid+ 55% en dessous de 12ng/ml et 44% au dessus de 12 ng/ml
7 Etude italienne de Carpagnano publiée en juillet 2020. 42 patients covid+ admis en soins intensifs. Mortalité de 50% pour les carencés en vitamine D et de 5% pour les non carencés.
8 Etude iranienne de Maghbooli publiée en juillet 2020. 235 patients hospitalisés. 8% des patients ayant plus de 30 ng/l de vitamine D sont décédès, 20% parmi ceux ayant moins de 30 ng/ml.
9 Etude mexicaine d’Arturo Rodriguez publiée en avril 2020. 172 personnes hospitalisées pour  coronavirus. Celles ayant moins de 8 ng/ml de vitamine D ont un risque de décès multiplié par 3,68.
10 Etude anglaise de Grigorios Panagiotou. 134 patients hospitalisés pour Covid-19.19% de ceux ayant plusde 25 ng/ml de vitamine D ont dû être admis en réanimation contre 39% de ceux en ayant moins de 25 ng/ml
11 Etude belge de De Smet de mai 2020. 186 patients hospitalisés pour Sars-cov-2 comparés à 2717 sujets controles. 58% des patients avaient un déficit contre 45% pour les controles.
12 Etude suisse d’Antonio D’Avollo de mai 2020.    107 patients avec des signes faisant évoquer un covid-19. Les 27 tests positifs avaient un taux de vitamine D moyen de 11ng/ml et les 80 tests négatifs avaient un taux moyen de 24ng/ml
13 Etude américaine de David Meltzer de mai 2020. 127 patients déficitaires 291 patients non déficitaires. Le risque d’être positif est plus important d’un facteur 1,77chez les déficitaires versus les non déficitaires.
14 Etude israelienne d’Ariel Israel de septembre 2020. 52000 patients comparés à 524000 sujets controles. En dessous de 12 ng/ml le risque est augmenté d’un facteur 1,8. Entre 12 et 20ng/ml  le risque est augmenté d’un facteur 1,3.
15 Etude israelienne d’Eugene Merzon de juillet 2020. 7800 sujets testés covid-19 et vitamine D. Risque de positivité au covid augmenté d’un facteur 1,5 en cas de déficit de vitamine D.
16 Etude française du Chu d’Angers de Gaëlle Annweiler de septembre 2020. 77 patients âgés de 88 ans en moyenne hospitalisés  pour covid-19 et ayant des facteurs de risque. -29 recevaient de la vitamine D avant de tomber malade, 3 ont fait une forme sévère et 2 sont morts. -16 ont reçu de la vitamine D après le diagnostic de covid-19, 4 ont fait une forme sévère et 3 sont morts. -32 ne recevaient pas de vitamine D et n’en ont pas reçu, 10 ont fait une forme sévère et 10 sont morts.

Appels national et international

Un appel a été lancé en France :
Assurer un statut satisfaisant en vitamine D dans la population générale est particulièrement important dans le contexte de la Covid-19 Position et recommandations d’experts et de sociétés savantes nationales françaises :  b_Annweiler_pour le web

Cet appel fait suite à celui qui a été lancé dès décembre au niveau international : 

Over 100 Scientists, Doctors, & Leading Authorities Call For Increased Vitamin D Use To Combat COVID-19 Dec 7, 2020  

Pétition lancée dans Vitamin D for all et déjà signée par 185 scientifiques de renom, de nombreux pays.

Scientific evidence indicates vitamin D reduces infections & deaths
To all governments, public health officials, doctors, and healthcare workers

Research shows low vitamin D levels almost certainly promote COVID-19 infections, hospitalizations, and deaths. Given its safety, we call for immediate widespread increased vitamin D intakes.

Vitamin D modulates thousands of genes and many aspects of immune function, both innate and adaptive. The scientific evidence1 shows that:

  • Higher vitamin D blood levels are associated with lower rates of SARS-CoV-2 infection.
  • Higher D levels are associated with lower risk of a severe case (hospitalization, ICU, or death).
  • Intervention studies (including RCTs) indicate that vitamin D can be a very effective treatment.
  • Many papers reveal several biological mechanisms by which vitamin D influences COVID-19.
  • Causal inference modelling, Hill’s criteria, the intervention studies & the biological mechanisms indicate that vitamin D’s influence on COVID-19 is very likely causal, not just correlation.

Vitamin D is well known to be essential, but most people do not get enough. Two common definitions of inadequacy are deficiency < 20ng/ml (50nmol/L), the target of most governmental organizations, and insufficiency < 30ng/ml (75nmol/L), the target of several medical societies & experts.2 Too many people have levels below these targets. Rates of vitamin D deficiency <20ng/ml exceed 33% of the population in most of the world, and most estimates of insufficiency <30ng/ml are well over 50% (but much higher in many countries).3 Rates are even higher in winter, and several groups have notably worse deficiency: the overweight, those with dark skin (especially far from the equator), and care home residents. These same groups face increased COVID-19 risk.

It has been shown that 3875 IU (97mcg) daily is required for 97.5% of people to reach 20ng/ml, and 6200 IU (155mcg) for 30ng/ml,4 intakes far above all national guidelines. Unfortunately, the report that set the US RDA included an admitted statistical error in which required intake was calculated to be ~10x too low.4 Numerous calls in the academic literature to raise official recommended intakes had not yet resulted in increases by the time SARS-CoV-2 arrived. Now, many papers indicate that vitamin D affects COVID-19 more strongly than most other health conditions, with increased risk at levels < 30ng/ml (75nmol/L) and severely greater risk < 20ng/ml (50nmol/L).1

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1 The evidence was comprehensively reviewed (188 papers) through mid-June [Benskin ‘20] & more recent publications are increasingly compelling [Merzon et al ‘20Kaufman et al ‘20Castillo et al ‘20]. (See also [Jungreis & Kellis ‘20] for deeper analysis of Castillo et al’s RCT results.)

2 E.g.: 20ng/ml: National Academy of Medicine (US, Canada), European Food Safety Authority, Germany, Austria, Switzerland, Nordic Countries, Australia, New Zealand, & consensus of 11 international organizations. 30ng/ml: Endocrine Society, American Geriatrics Soc., & consensus of scientific experts. See also [Bouillon ‘17].

3 [Palacios & Gonzalez ‘14Cashman et al ‘16van Schoor & Lips ‘17] Applies to China, India, Europe, US, etc.

4 [Heaney et al ‘15; Veugelers & Ekwaru ‘14]