Les neurosciences peuvent nous permettre de mieux nous comprendre

Pour commencer il faut bien admettre qu’il n’y a rien de compliqué dans les neuro-sciences, ce ne sont que des faits qui s’empilent et qui résonnent en nous car elles aident à comprendre nos actions, nos émotions et nos instincts.
Venez faire plus ample connaissance avec vous même.

Hésiode, 800 ans avant Jésus-Christ
Les dieux ont voulu que les hommes ignorent ce qui les fait vivre

Les 7 sages de la Grèce, 600 ans avant JC
Connais toi toi-même, inscrit sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes

Paul de Tarse (Saint Paul) 1er siècle après JC 
Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.

Blaise Pascal (1623-1662)
L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. S’il se vante, je l’abaisse ; s’il s’abaisse, je le vante ; et le contredis toujours, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il est un monstre incompréhensible.

Léon Tolstoï (1828-1910)
L’homme croit que Dieu est en lui, et il a raison, puisque Dieu est en lui. L’homme croit que le cochon est en lui et il a raison, car le cochon est en lui. Mais il se trompe lourdement quand il prend le cochon pour un dieu.  

Henri Laborit (1914-1995) est le découvreur (entre autres) des neuroleptiques qui changèrent le cours des choses en psychiatrie, en anesthésie, et en science des comportements, bien plus que ceux qui occupaient le devant de la scène sur ces sujets à son époque, comme aujourd’hui.
Henri Laborit a notamment découvert les 3 positions du cerveau en cas de problème : combattre, fuir ou se figer (flee, freeze, fight).

En 1979 il inspire le film « Mon oncle d’Amérique », qui est un des premiers, sinon le premier, film de vulgarisation des neurosciences en direction du grand public. Ce film a été réalisé par Alain Resnais.

Bande annonce

A la fin du film voici ce que dit Henri Laborit:

Le cerveau est la seule structure de l’univers connu qui ait la propriété de voir sa structure matérielle modifiée par un simple apport d’information.
C’est ce qui autorise tous les espoirs de réussir à vaincre les défis que l’humanité affronte au 21 ème siècle et en particulier celui de l’obscurantisme dont les masques, bien souvent, prennent les apparences les plus séduisantes.

L’homme a été livré sur terre sans mode d’emploi. Il s’est souvent interrogé sur son cerveau, les 20ème et 21ème siècles ont commencé à comprendre son fonctionnement, ce qui pourrait nous permettre d’enfin éviter les conflits majeurs qui jalonnent l’histoire des hommes.
Pourquoi ne sommes-nous pas restés chasseurs-cueilleurs, pourquoi notre cerveau nous a-t-il fait créer 4000 civilisations qui ont toutes disparu ? Le fait que nous comprenions mieux notre cerveau pourrait-il permettre de sauver notre actuelle civilisation devenue planétaire?

Le cerveau est l’objet le plus complexe de l’univers connu. 100 milliards de neurones connectés aux autres neurones par 1000 à 10 000 synapses, et reliés par des câbles (les axones) qui font 2 fois et demi le tour de la terre (100 000 km).
Et encore faut-il les multiplier par au moins 100 si on ajoute les micro-tubules qui se trouvent à l’intérieur des axones.

Ce sont 1300 grammes qui traitent 1 exaflop (unité de mesure utilisée pour calculer la puissance d’un processeur), soit un milliard de milliards d’opérations par seconde. 10 000 000 000 000 000 000 opérations par seconde en permanence, en consommant 20 watts c’est à dire la puissance d’un rasoir électrique ou pour une heure l’énergie contenue dans 7 grammes de pain.

Un super ordinateur qui traite 1 exaflop consomme 20 mégawatts soit la puissance des moteurs de 50 camions semi remorques à fond et pour une heure l’énergie contenue dans 7 tonnes de pain.

De cette structure émergent les renforçateurs primaires qui font agir à l’état basal, nourriture, sexe, pouvoir, curiosité et paresse, comme l’a montré Sébastien Bohler dans son livre Le bug humain.

Ils correspondent au début de la pyramide des besoins du psychologue Abraham Maslow. Elle montre que les besoins physiologiques passent avant les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour, et même les besoins d’estime et le besoin d’accomplissement de soi.

Puis lors des échanges sociaux surviendront le besoin de se distinguer des autres et l’imitation rivalitaire (voir l’oeuvre de René Girard) qui vont générer des conflits que seule une juste représentation du monde, en y incluant les systèmes nerveux, et des aires préfrontales intactes, pourront arriver à maitriser.

Tout cela doit nous amener à une forme de sagesse contemplative devant la merveille que nous sommes et les capacités incroyables que le cerveau a su utiliser pour arriver à comprendre tout cela. Il y a assez de problèmes naturels à résoudre pour ne pas rajouter les problèmes humains.

1- Les mystères de la matière dont nous sommes faits : la physique quantique



Conférence de Stanislas Dehaene au collège de France, janvier 2023 : 11’ à 15’




Les aires pré-frontales se développent de manière considérable quand on passe du singe à l’homme, elles sont ce qui fonde l’homme par rapport aux animaux. 

Elles se développent jusqu’à l’âge de 30 ans, tout « accident » avant cet âge laissera dans les aires préfrontales une cicatrice plus ou moins importante. A contrario une « bonne éducation », un bon guidage permettront au sujet d’atteindre son optimum. Stanislas Dhaene aura beaucoup de choses à vous apprendre à ces sujets.

Nous savons maintenant ce qui empêche leur développement optimal et donc des fonctions exécutives. Il y a 25 grandes causes clairement identifiées (article à venir).

Les aires préfrontales permettent les 3 séquences essentielles : perception, discernement, action. 
Elles permettent aussi le « branching » qui est à la base de la créativité en faisant jaillir des idées nouvelles à partir d’idées éloignées : 

  • La volition : c’est la volonté d’agir, l’initiation de l’action.
  • La planification des étapes et la flexibilité, le changement de stratégie et donc l’action selon l’axe du temps.
  • La maîtrise, la capacité à rester maître de soi et à piloter instincts et affects. Cela recouvre l’altérité, la capacité à percevoir l’autre comme un autre soi-même avec une sensibilité comme moi mais différent de moi.
  • L’abstraction, la sortie de la pensée exclusivement concrète.

Ce sont les 24 causes de troubles du comportement et des apprentissages.
Il faudrait encore parler des 2 types d’attention: l’automatique qui est épuisée par les écrans, et la volontaire qui est très faible car trop peu entrainée dans le mode actuel.
Il faudrait aussi parler de la résilience, des saccades oculaires, de la saillance de certaines formes (le fait d’être marquant, par exemple un visage connu dans une foule, une structure lumineuse comme une publicité dans l’univers gris d’une ville.)

  • L’erreur de Descartes, la raison des émotions, Antonio Damasio, Odile-Jacob, 2008.
  • Le bug humain, Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher, Sébastien Bohler, Pocket, 2020.
  • Cortex, percez les secrets de l’intelligence, Richard Lévi, Albin-Michel, 2025
  • Je vois Satan tomber comme l’éclair, René Girard, Grasset, 1999.
  • Les neurones miroir, Giacomo Rizzolati, Odile-Jacob, 2008.
  • Les neurosciences pour les Nuls, Frank Amthor et Laurianne Geffroy, 2024.